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Lundi, 23 Juillet 2012 14:02

Une mission du Programme d’Investissement pour la Forêt (PIF), conduite par la Banque Mondiale, a séjourné à Kinshasa, du 25 au 29 juin 2012.

 

Le « PIF » est un de trois fonds programmatiques du Fonds Stratégique pour le Climat (SCF). Il est administré par la Banque Mondiale pour appuyer les pays en développement dans leurs efforts de Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation forestière, la gestion durable des forêts et le renforcement du carbone forestier (REDD+).

 

Les appuis consistent en des financements de démarrage permettant d’initier le déploiement des activités de préparation identifiées dans les Plans Nationaux de Préparation à la REDD+, tout en contribuant à de multiples co-bénéfices, tels que la protection des droits des peuples autochtones et des communautés locales, la réduction de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des populations.

 

La mission avait pour objet de « collecter dans les pays pilotes ciblés, les leçons et expériences apprises dans la collaboration entre les parties prenantes dans le développement du processus REDD+, en vue de la préparation d’un outil pédagogique, permettant d’améliorer et de renforcer davantage l’engagement des parties prenantes et l’orientation stratégique du PIF ».

 

Pendant son séjour, la mission a pu rencontrer plusieurs parties prenantes, dont le Point Focal National, la Coordination PIF, la Coordination Nationale REDD+, le Comité National et le Comité Interministériel REDD+, les agences d’exécution des Nations Unies, la société civile, les organisations internationales de conservation, le secteur privé, ainsi que les partenaires bilatéraux.

 

Une visite de terrain a été organisée le jeudi 28 juin sur les sites de Mampu et de IBI Bateke.

 

La mission s’est intéressée aux éléments qui ont permis d’assurer à la RDC le succès dans son processus REDD+. Ce succès tient aux éléments ci-après:

 

  1. Le leadership du Gouvernement, assuré par le Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (MECNT), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour la REDD (ONU-REDD) et le Programme de Partenariat du Carbone Forestier (FCPF) de la Banque Mondiale, dans la préparation du pays au futur dispositif international de la lutte contre les changements climatiques par la Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation forestière, à la gestion durable des forêts et au renforcement du stock du carbone forestier. Le Plan National de Préparation à la REDD+ (R-PP) de la RDC a été approuvé en mars 2010.

  1. Des larges consultations de toutes les parties prenantes, sur lesquelles s’est appuyé le développement de ce R-PP ont permis l’engagement des acteurs de l’Administration publique, tant au niveau national que provincial, des acteurs du secteur privé, de la société civile, y compris les représentants des peuples autochtones et les communautés locales, les organisations internationales de conservation, ainsi que les partenaires au développement.

  1. Une structure de gouvernance intersectorielle et multipartite, permettant d’assurer l’implémentation efficace du Plan National REDD, a été mis en place, comprenant le Comité National REDD (organe de décision), le Comité Interministériel REDD (organe de coordination) et le Comité National REDD (organe de gestion journalière).

  1. Un cadre de mise en œuvre de la REDD+ incluant notamment (i) la construction participative de la stratégie nationale REDD+, (ii) les mécanismes de consultations des parties prenantes, (iii) les mécanismes de sauvegarde (définition des standards socio-environnementaux et réalisation d’une Evaluation Environnementale et Sociale Stratégique permettant de définir un cadre de gestion environnementale et sociale), (iv) les mécanismes de reporting et de contrôle (procédure d’homologation des projets REDD+, registre national des projets et initiatives REDD+, système de monitoringet système MRV national), (v) les mécanismes de gestion financière (fonds national REDD+ et mécanisme de partage des bénéfices liés à la REDD+) …etc.

  1. Une collaboration synergique exemplaire entre le Programme des Nations Unies pour la REDD (UN-REDD) et le Programme du Partenariat du Carbone Forestier de la Banque Mondiale (FCPF), sous la coordination du MECNT, à travers la coordination nationale REDD.

La mission s’est aussi intéressée aux éléments structurants du Plan d’Investissements PIF de la RDC.

 

Une étude menée sur les causes de la déforestation et de la dégradation forestière en RDC, a démontré que l’agriculture familiale sur brulis et l’exploitation artisanale de la ressource ligneuse sous forme de bois-énergie et de bois d’œuvre, constituent en RDC, les principaux moteurs de la déforestation et de la dégradation forestière sur l’ensemble du territoire national.

 

Cette déforestation est concentrée autour de « points chauds », localisés principalement en bordure des grandes villes du pays, ainsi que dans les zones les plus densément peuplées en marge du grand massif forestier de la cuvette centrale.

 

C’est ainsi que le Plan d’Investissement PIF a proposé de concentrer les investissements (i) sur les « points chauds » de déforestation situés dans les bassins d’approvisionnement des grandes villes, (ii) de les canaliser vers des secteurs d’activité permettant de répondre aux causes directes de la déforestation et de générer ainsi des réductions des émissions mesurables et valorisables, tout en (iii) apportant les appuis nécessaires à la création des conditions favorables à l’essor de ces secteurs et à la durabilité des actions, et permettant de traiter certaines causes sous-jacentes de la déforestation, en intervenant à deux niveaux : d’une part au niveau national pour amorcer une transformation en profondeur du contexte de la RDC, et d’autre part, au niveau local, pour un appui concret au développement des projets des communautés locales et peuples autochtones et du secteur privé.

 

Cette combinaison au sein d’un espace géographique déterminé (intégré) d’activités dites « sectorielles » d’une part et « habilitantes » d’autre part, permet à la RDC d’obtenir un effet transformationnel essentiel (une des innovations) aux programmes PIF.


Les activités sectorielles proposées intègrent donc (i) l’afforestation/reforestation (incluant l’agroforesterie et la régénération naturelle assistée), (ii) la dissémination des foyers améliorés, (iii) la diffusion des techniques améliorées de carbonisation, (iv) le développement d’alternatives énergétiques, et (v) la foresterie communautaire.

 

Les activités habilitantes les plus pertinentes concernent la modernisation et la sécurisation foncière, la mise en place d’une politique nationale d’aménagement du territoire ainsi que l’appui à l’émergence de projets du secteur privé et de la société civile.

 

Les activités proposées dans le Plan d’investissement, sont toutes en synergie directe avec le Document de la Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté – DSCRP 2 (2012-2016), qui donne une place centrale à la gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles ainsi que l’adaptation aux changements climatiques (4ième pilier du DSCRP2).

 

Les zones géographiques les mieux indiquées pour la mise en œuvre de ces activités ont été sélectionnées sur la base d’une matrice multicritères reprenant les six critères d’investissement du PIF (capacité potentielle à atténuer les effets du changement climatique, transposabilité potentielle à grande échelle, efficience économique, potentiel de réussite, intégration du développement durable - avantages connexes, mesures de sauvegarde). Ces zones prioritaires pour le PIF sont le bassin d’approvisionnement des grandes villes de (i) Kinshasa, (ii) Kananga et Mbuji-Mayi, et (iii) Kisangani. Ces trois zones représentent de plus au-delà des seuls critères PIF, une diversité particulièrement intéressante et représentative d’une part importante du pays (respectivement : zone principalement savanicole avec ramifications en zone forestière, zone de lisière savane-forêt et zone forestière).

 

Ainsi donc, la conjonction de ces choix en termes d’activités et de zones géographiques prioritaires pour le PIF, ainsi que les enjeux et défis identifiés, ont permis de définir cinq programmes pour le PIF en RDC, pour une enveloppe totale de 60 millions USD :

 

  1. Trois programmes géographiques, combinant toutes les activités habilitantes et sectorielles sélectionnées, et visant directement l’appui des projets des populations locales et les peuples autochtones dans les trois zones prioritaires identifiées (Bassin de Kinshasa : USD 14 M, soit 23% du total ; Bassin de Kananga-Muji-Mayi : USD 12,1 M, soit 20% ; Bassin de Kisangani : USD 10,2M, soit 17%) ;

  1. Un programme transversal spécifique au secteur privé, dans les mêmes zones géographiques et bénéficiant des mêmes appuis habilitants, mais se concentrant sur les activités liées directement à la biomasse énergie et utilisant des canaux et mécanismes spécifiques aux besoins du secteur privé (USD 18,4 M, soit 31% du total);

  1. Un programme transversal plus restreint de petites subventions, permettant d’appuyer les initiatives innovantes et à forts cobénéfices, dans tous les domaines sectoriels pertinents pour la REDD+, mais hors de trois zones géographiques prioritaires pour le PIF, dans un souci d’apprentissage optimal et d’équité nationale (USD 5,3 M, soit 9%).

Il est prévu que ces programmes attireront de cofinancements de l’ordre de 38 millions USD.

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